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COVID 19 et industrie musicale : impact, solutions ?

Le Coronavirus est dans nos vies depuis maintenant plus d’un an. Les dégâts causés ont étés nombreux mais les évolutions et adaptations également. Retour en détail sur une année marquée par la COVID 19 et son impact sur l’industrie musicale.

Ceci en surprendra plus d’un, mais après recherche et relecture, l’académie française indique que COVID 19 est féminin, nous prendrons donc le parti d’écrire la COVID 19 tout le long de cet article.

L’impact de la COVID 19 sur les DJs

La crise sanitaire actuelle à massivement impacté le milieu de la nuit, qu’il s’agisse des clubs ou des DJs. L’interdiction des clubs et festivals a mis la profession au chômage technique depuis plusieurs mois. Les Djs-producteurs, tirant la majorité de leurs revenus de leurs shows se sont réorientés vers d’autres sources de revenus, optant parfois même vers un retrait partiel ou définitif de la scène musicale. Quel que soit le domaine (DJ producteur, événementiel, résidents…), il s’agit d’une activité qui n’est plus praticable en direct car intrinsèquement liée à une communauté, à des auditeurs. Seuls les Djs en radio ont pu continuer à pratiquer leur activité et leur passion.

Le streaming, qui a été une excellente solution dès les premières semaines de confinement, a rapidement montré ses limites en termes de rentabilité. Les DJs sont donc, encore à l’heure d’aujourd’hui, en train de se demander quand leur activité pourra totalement reprendre. Le documentaire créé par Pioneer à ce sujet apporte des retours d’expériences et informations.

Le monde de l’événementiel face à la crise

Les conséquences directes du Coronavirus sur l’industrie musicale

La crise sanitaire a également eu un impact majeur sur le milieu de l’événementiel. En ce début d’année 2021, les bars et clubs sont toujours fermés en France et dans une grande partie du monde. Les festivals sont également tous reportés à une date incertaine, voire annulés pour certains. 

Le secteur tout entier compte près de 400 000 emplois, et le monde de la nuit en comporte près de la moitié. Ceci correspond à une perte de près de 4 milliards d’euros en France. Mais au-delà des chiffres, c’est bien l’incertitude le plus gros problème. À l’heure ou l’on écrit cet article, il n’y a toujours aucune date de réouverture prévue des bars, restaurants et clubs. 

Le monde de la nuit dans l’incertitude

Malgré tout, certains domaines événementiels ont pu reprendre partiellement leur activité, tels que les événements sportifs. Ceux-ci se tiennent généralement à huis clos ou avec un nombre réduit de spectateurs. Tout ceci en impliquant distanciation physique, gel hydroalcoolique et port du masque obligatoire. Ce ne sont pas encore les conditions idéales pour profiter d’un match ou d’un grand prix. Mais il s’agit d’un premier pas encourageant. En espérant que les festivals puissent se tenir avec un protocole sanitaire similaire. 

Cependant à quelques exceptions notables, ceux-ci ne semblent pas près de revenir sur le devant de la scène, justement. On peut supposer que la raison est liée à l’amalgame (parfois justifié) qui est fait entre fête et excès. En effet, port du masque et consommation d’alcool semblent difficilement conciliables. De plus, comment parler de distanciation physique lorsque l’un des objectifs principaux d’un événement dépend de la proximité des participants. Ces raisons, associées au fait que les décisionnaires sont rarement la cible des événements en question, a pour conséquence une réouverture différée d’une durée indéterminée. 

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La COVID 19 est potentiellement responsable de la fermeture définitive d’un tiers des boites de nuits en France

La production, également touchée par la crise sanitaire ?

De l’autre côté de l’industrie, la production semble ne pas avoir été affectée. À l’inverse, on pourrait croire qu’elle a le vent en poupe. Les DJs/Producteurs, ne pouvant pas exercer leur profession sur scène, se seraient logiquement concentrés sur l’autre activité majeure de leur profession. Mais la réalité en est elle ainsi? 

Les effets du confinement

Dans un premier temps, on résume bien souvent la production musicale à un producteur, seul, dans son home studio. Cependant, une grande partie des artistes ne correspond pas à ce schéma. En effet, ceux-ci peuvent travailler dans un studio professionnel a plusieurs kilomètres de chez eux. Il peut également s’agir d’artistes en duo, en groupe, ou encore collaborant avec des chanteurs et autres artistes. Ces déplacements et rencontres ne sont pas facilitées par des confinements, couvre-feux et autres restrictions. Ceci lié à la baisse de motivation et de créativité explique en partie la difficulté pour certains artistes de poursuivre leurs créations aussi librement.

Baisse des droits de diffusion

De plus, ses œuvres, lorsqu’elles sont diffusées, lui permettent de toucher des droits d’auteurs. Or, si les revenus liés au streaming sont stables ou en augmentation, il ne s’agit pas de la seule source de revenus pour un producteur. En effet, en France, les droits de diffusion de musique par les professionnels sont collectés puis reversés aux artistes par la SACEM (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique). Avec la fermeture de lieux diffusant de la musique, la SACEM accuse une perte de 250 millions d’euros. Ceci correspond à une baisse d’environ 23% par rapport aux prévisions pour 2020.

Le besoin de maintenir son image

Enfin, le temps libéré par l’absence de live n’est pas majoritaire. L’une des activités les plus chronophage reste la notoriété en ligne. En effet, les DJs/producteurs se doivent de maintenir leur présence sociale sous peine de se voir oubliés par le public (et les algorithmes des réseaux sociaux). Trouver du contenu original et novateur tout en restant bloqué chez soi n’a rien d’évident. À cet exercice, certains s’en sont sortis bien mieux que d’autres.

Ces facteurs combinés font que la production, qui a pu être vue pendant un temps comme une solution miracle par les DJs en tournée, leur permettant de prendre de l’avance sur la suite de l’année, a fini par rapidement montrer ses limites.

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Les nouvelles alternatives

Cependant, tout n’est pas noir, et si la situation est difficile pour ce secteur que nous apprécions tous, il a permis d’apporter des innovations et des améliorations notables qui pourront être conservées à l’avenir.

Les soutiens envers l’industrie musicale

La SACEM, encore elle, lance un fond de soutien à destination des artistes. Sous condition d’avoir perdu plus de la moitié de ses revenus, cette aide apporte jusqu’à 1500€ mensuels aux artistes. S’il s’agit d’un geste fortement appréciable, cette somme ne suffira probablement pas pour une partie des artistes. Ces derniers ayant des frais importants liés à l’importance de leurs équipes et travaux. Mais on parle ici d’artistes à la notoriété internationale. Il s’agit donc d’un moindre mal dans le sens où ces derniers ont généralement des revenus bien plus importants que les « petits » artistes.

D’autres associations ou sociétés apportent leur aide aux artistes, à l’image de Radio FG avec son programme FG For DJs. Ces derniers créent une cagnotte pouvant être financée par les auditeurs à destination des artistes.

Le streaming

Nous avons déjà évoqué le sujet plus haut, mais il semble que le grand gagnant de la crise soit bel et bien le streaming de musique. En effet les plateformes telles que Spotify et Deezer enregistrent en moyenne une augmentation des abonnements autour de 25%. 

Le confinement à également été l’occasion d’un retour en force des labels et maisons de disques, parfois au détriment des agences événementielles. En effet, depuis quelques années, les labels axent quasi exclusivement leur communication sur les canaux numériques. Pari qui s’est avéré payant au vu de l’évolution des habitudes de consommation des auditeurs.

Le streaming video

Enfin, de nouvelles pratiques se sont développées, avec, en tête de file, le livestream. Que ce soit sur Twitch, Youtube ou Facebook (qui a depuis retiré la possibilité de faire ce genre d’événement pour différents soucis liés au droits d’auteurs), celui-ci a permis aux artistes de jouer devant un public. Certes, au travers d’un écran. Mais la proximité avec le public est retrouvée, et c’est bien le principal. Le livestream a également permis à certains festivals de se tenir en version numérique, avec parfois des effets spéciaux très réussis. On pense principalement aux deux éditions de Tomorrowland – Around the World ayant regroupées près d’un million d’auditeurs.

Le jeu video

Enfin, les livestream ont pu donner lieu à des événements numériques d’une toute nouvelle ampleur. Marshmello avait lancé ce phénomène en 2019 avec son live sur le jeu vidéo Fortnite, réunissant près de 10 millions de joueurs alors que la COVID 19 n’existait même pas encore. Cette année, c’est le rappeur Travis Scott qui crée l’événement sur ce même jeu en réunissant cette fois plus de 12 millions de joueurs/spectateurs. Hormis Fortnite, nous avons pu observer des initiatives similaires dans d’autres jeux vidéos. Parmi elles, un concert d’Alonzo organisé avec la marque Puma dans le mode online de GTA V.

2021 : Un retour à la normale peu probable

Malgré la création du vaccin contre la COVID 19, il n’est pas certain que nous puissions retrouver les soirées habituelles de sitôt. En effet, la France est l’un des pays ou la campagne de vaccination est la plus lente. Ceci, associé à la réticence générale de l’opinion sur le sujet du vaccin, laisse présager une situation de baisse progressive, mais lente des contaminations selon les médecins.

Dans ce contexte, nous verrons probablement se développer des alternatives qui ont commencé à voir le jour à l’étranger telles que les tests PCR aux entrées de boite de nuit ou des concerts en drive-in. De plus, comme expliqué plus haut, les incertitudes ont pris le dessus dans le milieu de l’événementiel. Or, l’organisation de ce type de manifestation demande beaucoup de temps et d’argent. Le nombre de sociétés pouvant les organiser reste assez faible. De plus ces dernières sont probablement frileuses à l’idée d’investir des centaines de milliers d’euros dans un contexte économique et sanitaire qui reste incertain.

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